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Les risques du métier : causes, conséquences et prévention

19 août 2019

Les garages, et en particulier les ateliers, constituent des environnements de travail relativement dangereux. Nous avons interviewé Alain Prouteau afin de restituer ici un panorama des risques du métier et des bonnes pratiques pour s'en prémunir au mieux.

 

Alain Prouteau, 55 ans, dirige actuellement deux garages situés en Seine-et-Marne, à Samoreau et à Vert-Saint-Denis. Chaque site emploie une vingtaine de salariés pour des activités principalement de carrosserie (redressage, peinture, etc.)

 

Après un BTS Commerce International, suivi par un travail de commercial pour une entreprise de système d'alarme en télésurveillance, Alain, depuis toujours grand passionné d'automobile, trouve en 1990 une opportunité de reprise d'un petit garage mécanique et carrosserie à Melun. Fort de son expérience en développement commercial et de son intérêt pour le secteur, il fonce. C'est un succès : en 1992 il déménage pour agrandir ses locaux qui passent de 400m2 à 1000 m2, et il acquiert en 1999 une 2nde structure, à Samoreau.


En 2011, Alain déménage à nouveau, à Vert-Saint-Denis, pour passer à 1500m2 couvert.
Cela étant, comme le marché est en baisse, tant en termes de volume que de marge, Alain diversifie ses activités (vente et location de véhicules, mécanique, réparation de jantes en aluminium). Un marché de la carrosserie en effet difficile, qui subit une pénurie de main d’œuvre [lien article électronisation] et donc des problèmes de recrutement qui constituent un important frein au développement aujourd’hui dans ce créneau.

 

Les principaux risques dans les garages et les ateliers

Carrossiers, peintres, mécaniciens... Les garagistes ont un travail qui les expose à de nombreux risques. Dans les ateliers les accidents du travail ne sont hélas pas rares, et ils sont parfois graves.
Les principales causes d'accidents dans les garages sont :

 

  • les manutentions : les charges lourdes fragilisent les structures ostéoarticulaires et finissent souvent par causer des maux de dos
  • les postures : gestes répétitifs, positions fréquemment agenouillées, accroupies, couchées, peuvent provoquer des tendinites (épaules, coudes, poignets) et des lésions (genou) les machines et les outils : ils sont nombreux à pouvoir blesser (couper, brûler, écraser, etc.)
  • Certains accidents sont directement liés aux véhicules, par exemple les risques de brûlures à proximité des parties chaudes d'un moteur, d'un pot d'échappement.


Il y a aussi les risques électriques et les risques d'incendie.


Les yeux et les oreilles des garagistes sont des parties sensibles également soumises à rudes épreuves dans un atelier : le risque oculaire lors des opérations de meulage, découpage, soudage ; le risque auditif lié aux bruits ambiants (outillage, compresseur, ventilation, ...)


Enfin, il nous faut aussi mentionner les risques d'intoxication chimique. Les peintures, les gaz d'échappement, les huiles, les solvants ou les fumées de soudage sont souvent toxiques et peuvent causer des problèmes respiratoires et cutanés.


Les potentiels risques sont donc nombreux pour le garagiste. Alain, malgré les différents efforts qu'il déploie pour réduire le nombre d'accidents sur chacun de ses sites, connaît deux ou trois arrêts par an à cause d'un accident. Un taux qui avoisine, bon an mal an, les 10%. Si les accidents sont pour la plupart "des petits accidents" qui occasionnent quelques jours d'arrêt de travail, ils sont en revanche assez fréquents.


Selon les statistiques du Ministère du Travail  , les "plaies et coupures, contusions, douleurs et lumbagos" représentent 65% des accidents de travail. Les causes sont d'abord liées à la manutention et aux outils individuels à main.


Aux arrêts dus aux accidents, qui sont soudains et indépendants d'une pathologie existante, il faut ajouter les maladies professionnelles et les causes environnementales. Les arrêts maladies sont fréquents. 70% des employés d'Alain ont une maladie au moins une fois par an. "Le métier est physique. Il faut être en forme. On est toute la journée débout". Les salariés du secteur sont bien protégés : il n'y a pour eux aucune perte de salaire à être malade puisqu'il n'y a pas de jour de carence. Si certains en abusent, pour des maux de dos par exemple, il est difficile de faire la part des choses entre le réel et le simulé. Par ailleurs, il y a des nécessités familiales qui jouent : un enfant malade conduit souvent à un arrêt de travail.

 

Garage Prouteau

Responsabilités et conséquences pour l'entreprise

Le salarié, comme l'apprenti, sont protégés par la loi. Elle impose à l'employeur d'assurer leur sécurité. Dès lors que survient un accident, la responsabilité de l'employeur est engagée. Il suffit qu'il existe un lien avec le travail, lors d'un accident survenu au cours de l'exécution du contrat de travail, dans un lieu de travail et à un moment de travail, pour que l'accident soit qualifié en "accident de travail". Lors du trajet du domicile au garage, et du garage au domicile, ou encore sur le lieu de formation d'un apprenti, l'accident est dit "de travail". Alain donne cet exemple récent d'un de ses apprentis qui s'est blessé en jouant au football à son centre de formation ; l'accident a été déclaré accident de travail.


En termes de conséquences pour l'entreprise, naturellement cela la désorganise. Certains travaux prennent alors du retard, voire sont complètement paralysés. Il faut parfois appeler le client pour le prévenir. Cela engendre une perte de compétitivité. "On ne peut pas remplacer quelqu'un qui manque quelques jours. On perd donc du temps sur les travaux en cours", se désole Alain.


L'Assurance Maladie prend en charge les maladies et les accidents mais les cotisations sociales de l'employeur augmentent si le nombre de jours indemnisés par la sécurité sociale augmente. La législation a en effet prévu que le taux de cotisations ne soit pas indépendant du volume des arrêts de travail dus à des accidents de travail. Autrement dit, l'employeur a des obligations non seulement de moyens mais de résultats s'il entend garder un taux de charges sociales raisonnable. A tous points de vue, l'employeur doit veiller au grain en ce qui concerne la sécurité de ses employés.

 

Garage Prouteau 2

Prévenir le risque et s'en prémunir au mieux

L'employeur doit assurer au maximum la sécurité de ses employés. Cela implique un certain nombre de mesures qui réduisent les risques et sensibilisent le personnel. La prévention doit obéir à la hiérarchie suivante :


1- Suppression du risque, si possible (remplacement d'un produit par un autre, par exemple)
2- Évaluation du risque non supprimable
3- Protection collective
4- Protection individuelle


Alain a donc pris un certain nombre de mesures. Pour beaucoup, elles nécessitent un financement dont il a obtenu un apport important en 1991 par la CRAM (Caisse Régionale Assurance Maladie). Des aides qui sont dédiées aux garages, et conditionnées par l'établissement d'un dossier solide, afin qu'ils investissent dans des outils réducteurs des risques professionnels. Il a pu, notamment, installer un bardage sur les différents murs pour absorber les bruits. De même concernant le risque auditif, les machines bruyantes sont isolées dans un local à l'extérieur du bâtiment. Pour le dos, la mise en place d'un appareil de levage permet à ses salariés de travailler à hauteur, sans se courber ni se contorsionner. Pour le reste il y a les EPI (Equipement de Protection Individuelle) aux normes CE qui protègent le travailleur dans la pratique d'une activité spécifique. Le casque dès qu'il existe un risque de chute de matériel, les gants pour le meulage par exemple, le tablier et les lunettes pour la soudure, un masque spécifique pour la peinture, les casques antibruits pour la protection auditive, etc.


Un document obligatoire identifie et recense tous les postes à risque, il s'agit du Document Unique de Prévention des Risques Professionnels. Il évalue le risque qui ne peut pas être supprimé. Il sensibilise au maximum les ouvriers sur les différents risques, leur teneur et les moyens de s'en protéger.
La médecine vient également de façon régulière, tous les 2 ou 3 ans. Elle établit une fiche entreprise, identifie les risques et contribue à la mise en place de solutions.


La sensibilisation, l'information et la formation s'imposent. "Il faudrait plus de formations et de sensibilisation aux risques, car la source des accidents provient souvent de la méconnaissance ou de l'ignorance des salariés. Faire venir des experts dédiés pour expliquer le risque auditif par exemple", propose Alain. "Mais le problème principal demeure encore celui du temps nécessaire et des coûts que cela engendre".


La sensibilisation et la prévention sont les meilleurs moyens pour réduire les risques professionnels et les accidents de travail. De bonnes conditions de travail, un encadrement de qualité qui vise un mieux-être dans les ateliers, constituent des facteurs qui diminuent aussi beaucoup les risques.

 

Conseils pratiques

  • Prévenir les accidents : former et informer régulièrement sur les risques professionnels, afficher des consignes de sécurité claires, connaître les bonnes postures à adopter, de même que les gestes qui sauvent, développer une culture de la prévention
  • Pour l'employeur : souscrire une assurance professionnelle qui couvrira les dommages et les préjudices financiers de l'accident de travail. Les conséquences d'un grave accident peuvent mettre en péril l'activité de l'entreprise.
  • En cas d'accident : "la feuille d'accident du travail" doit être remis par l'employeur au salarié, document à transmettre dans les 48h après les faits. L'employeur déclare l'accident (Formulaire Cerfa 14463*02) en indiquant précisément toutes les informations détaillées directement sur Internet via le site net-entreprises.fr. L'employeur prévoit une visite médicale de reprise en cas d'arrêt long (supérieur à 30 jours)